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En Chine, une fuite de fichiers met en lumière les conditions de détention des Ouïghours au Xinjiang

Publié le

par Eve Chenu

Plus d’un million de Ouïghours seraient internés de force dans des "centres de rééducation politique".

En Chine, une fuite de fichiers met en lumière les conditions de détention des Ouïghours au Xinjiang

© Alex Wong/GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Une fuite de fichiers attribués à la police chinoise, dont des milliers de photos de détenus parmi lesquels des femmes, des mineurs et des personnes âgées, jette une lumière crue sur la situation des musulmans ouïghours au Xinjiang.

Ces documents ont été publiés mardi par un groupe de 14 médias internationaux, dont le quotidien français Le Monde, alors que la Haute-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet, entame une visite très attendue dans cette vaste région du Nord-Ouest de la Chine. Ils ont été remis par une source anonyme au chercheur allemand Adrian Zenz, le premier à avoir accusé en 2018 le régime chinois d’avoir interné plus d’un million de Ouïghours dans des centres de rééducation politique.

Pékin a toujours démenti ce chiffre, dénonçant "le mensonge du siècle" et affirmant que ces sites sont en fait des "centres de formation professionnelle" destinés à déradicaliser les personnes tentées par l’islamisme ou le séparatisme, après une série d’attentats qui ont ensanglanté la région. Mais les documents publiés mardi tendent à prouver que la présence des "stagiaires" dans ces centres n’a rien de volontaire. Ils "mettent en pièces le vernis de la propagande chinoise", a déclaré M. Zenz à la BBC.

Plus de 2 800 photos d’identité de détenus comprennent celle de Zeytunigul Ablehet, une adolescente de 17 ans arrêtée pour avoir écouté un discours interdit, et de Bilal Qasim, 16 ans, apparemment condamné pour ses liens avec d’autres prisonniers. Une femme hagarde et amaigrie, du nom d’Anihan Hamit, 73 ans au moment de son arrestation, est la plus âgée de la liste. Une autre image montre des gardiens armés de matraques en train de maîtriser un prisonnier enchaîné.

Les documents écrits accréditent l’idée d’une répression ordonnée depuis le sommet de l’État chinois.

Pékin a catégoriquement rejeté les conclusions d’Adrian Zenz. Elles ne sont que "le dernier exemple en date du dénigrement du Xinjiang effectué par les forces antichinoises", a fustigé mardi Wang Wenbin, un porte-parole de la diplomatie chinoise.

Konbini news avec AFP.

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