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Violences conjugales : l’annonce de Darmanin sur le dépôt de plainte à domicile critiquée

Publié le

par Clothilde Bru

© Twitter / Assemblée nationale

Depuis plusieurs semaines, assos et victimes de violences sexistes se battent pour un meilleur accueil dans les commissariats.

Hier, mardi 12 octobre, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a fait part de son intention de tester un nouveau dispositif pour améliorer la prise en charge des victimes de violences conjugales dans les commissariats.

"Nous allons lancer avec la ministre déléguée [Marlène Schiappa, ndlr], à partir de la fin de l’année, une expérimentation qui permettra dans certains départements que les policiers et gendarmes se déplacent", a précisé le ministre qui s’exprimait devant la Commission des lois de l’Assemblée nationale.

De prime abord, on peut s’étonner que les policiers aillent "chez autrui" en matière de violences conjugales. En effet, inutile de rappeler que ce genre d’agressions a bien souvent lieu au domicile des victimes.

Aussi, Gérald Darmanin a-t-il précisé que les "femmes violentées", pourraient faire le choix d’être entendues "chez (leur) assistante sociale, (leur) amie, (leur) maman, à la mairie."

Le but affiché de la manœuvre est de prévenir la peur que peuvent ressentir certaines femmes à aller témoigner au poste de police. Et pour cause, dimanche 10 octobre, des dizaines de femmes étaient rassemblées à Montpellier pour protester contre l’accueil déplorable réservé aux femmes victimes de violences sexistes et sexuelles dans un commissariat.

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Du scandale de ce commissariat est né un hashtag, #DoublePeine, pour recueillir les témoignages de celles qui en plus d’avoir été agressées, ont été houspillées par les forces de l’ordre lors de leur dépôt de plainte. Car oui, c’est systémique comme problème. Pour rappel, voici trois témoignages de femmes concernées. 

Un déplacement vain du problème

L’accueil des victimes de violences conjugales peut "s’améliorer très certainement", a reconnu Gérald Darmanin après des semaines de silence.

Pour autant, la réponse présentée hier, a fait bondir Constance Vilanova, journaliste, victime de la double peine et instigatrice du hashtag éponyme sur Twitter.

"On forme vite et mal des policiers pour mettre des uniformes partout. On a besoin de vraies structures, d’une justice qui fonctionne, de moyens et d’accompagnatrices", écrit la jeune femme qui fustige un déplacement du problème. La racine, c’est la non-formation des agents sur ces questions.

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Même son de cloche du côté du collectif #NousToutes qui écrit sur Twitter : "Nous n’avons pas besoin 'd’expérimentations'. Nous avons besoin que les forces de l’ordre connaissent la loi (qui prévoit l’obligation de prendre une plainte), l’appliquent et soient formées à ne pas mépriser ou humilier les femmes victimes de violences."

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L’expérimentation devrait débuter à la fin de l’année, a précisé le ministre de l’Intérieur, dans une liste des départements qui sera révélée dans les prochains jours.

À noter que le dépôt de plainte à l’hôpital est déjà expérimenté en France et doit être prochainement étendu à l’ensemble du territoire, rappelle l’AFP.