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L214 : nouvelle enquête sur l'"horreur" d’un abattoir pour truies en Bretagne

Publié le

par Clothilde Bru

© L214 / Sébastien Arsac

L’association révèle des images de ces animaux exposés à des souffrances extrêmes et porte plainte pour sévices graves.

Ces images se suivent et se ressemblent. Et c’est bien là le problème. Mercredi 5 mai, L214 publie un nouveau document choc sur le sort réservé aux truies dans un abattoir en Bretagne.

"Cette nouvelle enquête fait suite à trois autres enquêtes en abattoir révélées en 2020", rappelle l’association. Nous avions notamment relayé leur travail concernant un abattoir de dindes dans le Cher en décembre dernier, ainsi que celui sur l’abattoir de veaux Sobeval, en février 2020.

Cette fois-ci, L214 a pu s’infiltrer dans l’abattoir de Briec, dans le Finistère, spécialisé dans la mise à mort des truies de réforme – c’est-à-dire des truies d’élevage "en fin de carrière".

"Ces truies ont passé leur courte vie dans un élevage intensif à donner naissance à des porcelets. Après trois années enfermées, pour moitié du temps dans des cages individuelles, épuisées, blessées, elles sont envoyées à l’abattoir", précise l’association dans un communiqué de presse.

© L214/Sébastien Arsac

On abat 2 300 truies par semaine à l’abattoir de Briec. Cet établissement est une unité de production du groupe Les Mousquetaires, qui fournit notamment l’enseigne Intermarché.

Sur des images d’une rare violence, L214 démontre la dangerosité de cet abattoir pour les truies qui y séjournent et son personnel.

Aiguillon électrique dans l’anus

© L214/Sébastien Arsac

On peut y voir une truie morte treuillée quelques centimètres au-dessus de ses congénères bien vivantes, les femelles porcines hurlant de douleur sous les coups et les décharges électriques, ou encore un employé qui n’hésite pas à enfoncer dans leur anus l’aiguillon électrique qui sert normalement à faire avancer les animaux.

© L214/Sébastien Arsac

Mal conçu, l’abattoir de Briec présente également des installations non conformes qui rendent tout le processus encore plus difficile pour les bêtes et les salariés. Ces dysfonctionnements ont déjà fait l’objet d’un rapport en 2016, précise L214. À ce titre, l’association annonce déposer un recours en responsabilité contre l’État pour "manquement à sa mission de contrôle de l’application de la réglementation".

Elle porte également plainte pour sévices graves commis envers des animaux auprès du procureur de la République de Quimper et demande à la justice de sanctionner sévèrement la direction de l’abattoir ainsi que les services vétérinaires du département.

Enfin, elle demande bien évidemment sa fermeture en toute urgence. Pour soutenir son action, une pétition a été mise en ligne.

Contacté par Konbini news, le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation n’a toujours pas répondu à notre demande d’interview à l’heure où nous écrivons ces lignes.

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