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Californie : le retrait du préservatif sans consentement pendant l’acte sera un délit

Publié le

par Clothilde Bru

© Science Photo Library – IAN HOOTON / Getty Images

Cette pratique malsaine et dangereuse s’appelle le "stealthing".

Le "stealthing"que l’on pourrait traduire par "furtivement", consiste à enlever la capote pendant un rapport sexuel à l’insu de son/sa partenaire.

C’est notamment grâce à une étude, publiée dans le Columbia Journal of Gender and Law il y a quatre ans, que des mots ont pu être posés sur une pratique très problématique mais incroyablement courante.

D’après l’auteure de ce travail de recherche, le "stealthing" est particulièrement répandu parmi les jeunes Américains, surtout sur les campus universitaires.

Selon The Guardian qui relaie l’étude d’une université australienne datée de 2018, une femme sur trois et un homme sur cinq dans le monde ont été victimes de "stealthing".

Et pour cette autre étude américaine publiée en 2019 et relayé par le Washington Post, 12 % des femmes âgées de 21 à 30 ans ont déclaré avoir été victimes de "stealthing" aux États-Unis. Environ 10 % des hommes de ce même groupe d’âge ont déclaré qu’ils avaient déjà secrètement retiré un préservatif pendant les rapports sexuels.

"[…] C’était ma première expérience de stealthing et le rush que j’ai ressenti était plus intense que je ne peux le décrire. […] J’ai développé mes propres petites astuces et techniques pour atteindre mon objectif principal à CHAQUE fois que j’ai des relations sexuelles, pour m’assurer de me vider bien au fond de la ****** des filles qui ne se doutent de rien."

Ce témoignage d’un homme qui se vante de s’adonner à cette pratique, Konbini le publiait pour la première fois en 2017.

"Je tremble de dégoût et de choc"

Maladies sexuellement transmissibles, grossesse non désirée ou encore traumatisme psychologique sont autant de potentielles séquelles qui ont poussé l’État de Californie à s’emparer du problème.

Comme le rapporte Slate, cet État est en passe de devenir le premier à criminaliser cette pratique. "Le projet de loi n’attend plus que la signature du gouverneur démocrate Gavin Newsom, qui devra le promulguer avant le 10 octobre", précise le site d’informations en ligne.

Le "stealthing" y deviendrait un délit. Cela ne fera pas de ce geste un viol. Comme le précise The Guardian, "le projet de loi modifiera le Code civil, permettant aux victimes de poursuivre les auteurs en dommages-intérêts, mais il ne changera pas le Code pénal pour en faire un crime qui enverrait les auteurs en prison."

En France aussi, des victimes continuent de témoigner sur Twitter. Le 10 septembre dernier, la journaliste Diane Saint Réquier auteure du blog Sexy Soucis, livrait un récit glaçant sur le réseau social.

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Selon plusieurs juristes qui se sont fait écho de son témoignage, le "stealthing" se situe actuellement dans un vide juridique. Absent du Code pénal, il n’existe pas de jurisprudence claire à son encontre dans l’Hexagone.

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