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La reine Elizabeth II annonce que les thérapies de conversion vont être bannies

Publié le

par Astrid Van Laer

La Reine Elizabeth II, le 11 mai 2021. © Chris Jackson/Pool via REUTERS

En France, ce n’est toujours pas le cas.

C’est officiel : l’Angleterre et le pays de Galles vont prendre à bras-le-corps la question des thérapies de conversion et les interdire prochainement. "Des mesures vont être proposées pour remédier aux disparités ethniques et raciales et interdire la thérapie de conversion", a déclaré la reine d’Angleterre Elizabeth II elle-même lors de son discours au Parlement mardi 11 mai, "pour s’assurer que les tragédies du passé ne se répètent pas".

Le gouvernement a précisé dans la foulée que "des fonds d’aide aux victimes seront mis à disposition pour aider les personnes LGBT qui ont été touchées par ces pratiques néfastes".

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Ces thérapies religieuses ont pour objectif qu’une personne homosexuelle, bisexuelle ou transgenre change son orientation sexuelle ou renonce à vouloir changer de genre. Considérant l’homosexualité, la bisexualité ou la transidentité comme des "maladies" que l’on pourrait guérir, ces thérapies peuvent aller de l’entretien sous forme de discussion à la thérapie par électrochoc.

Torture mentale, déshumanisation permanente, traumatismes : Garrar avait été l’une des victimes de ces thérapies de conversion. Le jeune homme avait accepté de témoigner pour Konbini news du calvaire qu'il a subi pour alerter sur ces pratiques.

La France à la traîne

Sur cette question, la France est à la traîne : l’interdiction n’a toujours pas été prononcée. En avril 2018 déjà, il en avait pourtant été question sans que cela n’aboutisse. À l’époque, Marlène Schiappa, alors secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, avait déclaré : "Nous sommes en train de travailler contre les thérapies de conversion LGBT. C’est une pratique intolérable ! Elles doivent cesser partout."

Et en mars 2018, le Parlement européen avait même adopté, avec 435 voix pour, un amendement qui encourageait vivement les pays membres à interdire les thérapies de conversion. Trois ans plus tard, ce n’est toujours pas le cas.

Ces dernières semaines, plusieurs personnalités françaises se sont mobilisées pour remettre le sujet sur la table et inciter le gouvernement à examiner la proposition de loi n° 4021 "interdisant les pratiques visant à modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne" proposée en mars dernier.

Parmi elles, les chanteurs Eddy de Pretto et Hoshi, qui ont pris la parole sur les réseaux sociaux pour interpeller le chef de la majorité à l’Assemblée, Christophe Castaner, et lui enjoindre de mettre l’examen de cette proposition de loi au calendrier de l’hémicycle le plus vite possible.

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L’une des élues à l’origine du texte, la députée LREM Laurence Vanceunebrock, a interpellé Élisabeth Morano, ministre déléguée auprès du Premier ministre en charge de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances, à ce sujet hier à l’Assemblée.

"Se cacher derrière un arsenal législatif, c’est bien, interdire les thérapies de conversion, c’est mieux"

Si celle-ci lui a rétorqué : "Non, l’homosexualité n’est pas une perversion ou une maladie qu’il conviendrait de soigner" et affirmé : "Oui, les thérapies de conversion sont des atteintes à la dignité et à l’intégrité humaine totalement inacceptables." Elle a toutefois expliqué qu’au lieu de l’examen de la proposition de loi, ce serait une circulaire qui verrait le jour, assurant que "ces pratiques sont strictement interdites dans notre pays".

Et d’arguer :

"Les victimes peuvent donc porter plainte et peuvent se faire accompagner. Notre Code pénal condamne les délits d’abus de faiblesse ou de harcèlement, les délits de discrimination, les propos homophobes ainsi que les violences volontaires.

Et le code de la Santé publique interdit le recours à l’exercice illégal de la médecine pour tous les prétendants médecins qui veulent 'soigner' l’homosexualité."

"Je me réjouis de vous annoncer que le ministère de la Justice publiera très prochainement une circulaire visant à rappeler le droit existant", a-t-elle conclu, affirmant : "Nous ne laisserons rien passer."

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Une réponse du gouvernement qui ne satisfait pas les militants. Pour SOS Homophobie, "se cacher derrière un 'arsenal législatif', c’est bien, interdire clairement les thérapies de conversion comme le demandent Laurence Vanceunebrock et [le collectif] Rien à guérir, c’est mieux". Même son de cloche pour Stop Homophobie, qui a réagi dans un communiqué.

Pour le collectif, qui rappelle que "les moyens d’action actuels sont difficiles à mettre en œuvre concrètement, car ils ne visent pas précisément les thérapies de conversion","le gouvernement se désiste", "après avoir annoncé l’année dernière un plan d’action contre les LGBT+phobies".