Malgré la forte mobilisation, "le préfet a décidé d'expulser Samira"

"Le Préfet veut toujours pas nous entendre. Il nous reste trois jours pour changer la donne."

Un rendez-vous à la préfecture avait lieu hier soir et la décision est tombée cet après-midi : Samira Diko et Aboubacar Diko doivent quitter le territoire français. L’expulsion de la petite fille et de son père est prévue le 12 novembre prochain par le vol de 10h10.

C'est l'eurodéputé Raphaël Glucksmann qui l'a annoncé sur son compte Instagram, en déclarant : "le Préfet a décidé d'expulser Samira. Malgré notre formidable mobilisation, [...] malgré notre rendez-vous d'hier, le préfet a décidé de maintenir l'expulsion de Samira." 

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Le cas de Samira, une fillette de dix ans originaire de Côte d'Ivoire, a ému les réseaux sociaux après que la pétition intitulée "Samira doit rester parmi nous", lancée par l'élu, a reçu plusieurs soutiens de personnalités tels que celui de l’acteur Omar Sy ou l’ancienne ministre Christiane Taubira. Dans le texte, l’élu explique :

"Samira a survécu à la violence de l’enfer libyen. Elle est une rescapée des opérations de sauvetage en Méditerranée. Au cours de la traversée, elle a perdu sa maman.

Après avoir subi le rejet et la haine en Italie, Samira et son papa se sont installés en France. Son papa s’occupe d’elle, seul. Il l’a inscrite à l’école l’année dernière."

La pétition, qui a déjà atteint à ce jour pas moins de 130 000 signatures, était adressée au préfet de police de Paris ainsi qu’au ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, et les enjoignait à intervenir et sursoir à l’arrêté d’expulsion :

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"Mobilisons-nous pour affirmer des principes simples et basiques : on ne déscolarise pas une fille de 10 ans et on ne prend pas le risque de la renvoyer dans son pays d’origine lorsqu’elle l’a fui pour éviter l’excision et la mutilation génitale. […]"

Et Raphaël Glucksmann ajoutait qu’en cas de renvoi, Samira allait "être envoyée sur les chemins de l’exil et de l’errance" en raison de la procédure de Dublin, qui constitue une "aberration" pour le député, qui développait :

"Je me bats au Parlement européen pour modifier ce règlement Dublin. Aujourd’hui toutefois, en vertu de son article 17 (Dublin III), vous avez le pouvoir de placer cette enfant et son père en procédure normale. 

Monsieur le Préfet, la Déclaration internationale des droits de l’enfant prévoit que l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale dans toutes les décisions qui concernent les enfants. Cette considération doit jouer un rôle déterminant dans les décisions de transfert Dublin pour les familles avec enfants.

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"Le Préfet veut toujours pas nous entendre. Il nous reste trois jours pour changer la donne", a écrit cet après-midi Raphaël Glucksmann sur son compte Instagram, enjoignant les citoyens qui partagent sa position à interpeller le président de la République directement via sa pétition, disponible ici.

Par Astrid Van Laer, publié le 08/11/2019

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