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Un an de prison ferme pour l’homme qui avait provoqué un immense incendie en jetant son mégot

Publié le

par Astrid Van Laer

© Boris Horvat/AFP

"En matière d’infraction involontaire, on ne peut pas faire plus grave", a déclaré la présidente du tribunal.

Mardi, le maçon à l’origine du gigantesque feu de forêt qui avait menacé Marseille à l’été 2016, en jetant un mégot mal éteint sur un talus de broussailles, a été condamné à cinq ans de prison dont quatre ans avec sursis.

"Cette année d’emprisonnement ferme sera à purger sous le régime du bracelet électronique", a précisé la présidente du tribunal d’Aix-en-Provence, en estimant, pour justifier la sévérité de ce jugement, qu'"en matière d’infraction involontaire, on ne peut pas faire plus grave". La procureure Nathalie Vergez avait seulement réclamé trente mois de prison, dont vingt mois avec sursis, en soulignant que "les agissements de Mostafa El Fathi sont d’une grande banalité mais les conséquences d’une exceptionnelle gravité".

Dans son réquisitoire, la magistrate avait stigmatisé "le comportement inqualifiable sinon indigne" du maçon, estimant qu'"il a fui sa responsabilité de citoyen" en ne tentant rien pour essayer d'"arrêter le feu", parti d’un chantier sur la commune de Rognac, à une quinzaine de kilomètres de Marseille, et qu'"il a fui sa responsabilité pénale durant l’enquête en mentant à plusieurs reprises".

La magistrate avait aussi évoqué "le dommage irréversible à l’environnement", avec 630 hectares de forêt méditerranéenne brûlés et "un écosystème définitivement détruit". La procureure avait également souligné "le moment d’effroi" vécu par les centaines de victimes face au brasier.

"Il a déguerpi comme un lapin"

Avant le délibéré mardi, Mostafa El Fathi a une nouvelle fois présenté ses excuses : "Je regrette infiniment mon acte irresponsable et je demande vraiment pardon aux victimes."

Mostafa El Fathi a également été condamné à deux amendes contraventionnelles de 150 et 1 500 euros, huit victimes ayant été blessées à des degrés divers.

"Il est coupable et responsable de cette souffrance palpable, de cette détresse, de cette anxiété que les victimes ressentent encore cinq ans après", a plaidé Me Salima Gomri, l’avocate du prévenu. Mais ses mensonges, au lendemain de l’incendie puis en garde à vue, ne traduisaient, selon elle, qu'"une peur d’assumer la réalité, d’être à l’origine de ce désastre" : "Pour un seul homme, c’est beaucoup."

Au reproche d’avoir manqué de courage devant le feu, Me Gomri a opposé l’image d’un homme dépassé par l’événement : "Il est face à un mur de feu, il n’a pas le sang-froid d’un combattant du feu, il n’a qu’un tuyau à moitié brûlé, alors il a déguerpi comme un lapin."

Le volet civil de cette affaire, qui concerne plus de 243 des 447 victimes recensées, sera traité par le tribunal le 5 mai. Le tribunal a enregistré depuis lundi 77 nouvelles constitutions de parties civiles.

Konbini news avec AFP

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